Trump veut couper les ailes du géant canadien Bombardier, mais son attaque pourrait se retourner contre lui
Après l'entrée en vigueur de nouveaux droits de douane, le président américain menace désormais les avions Bombardier canadiens.

- Publié le 11-09-2026 à 12h02
- Mis à jour le 11-09-2026 à 13h28

Donald Trump poursuit sa guerre commerciale contre le Canada. Et l'escalade ne semble pas près de s'arrêter. Quelques heures seulement avant l'entrée en vigueur, ce mardi, de nouveaux droits de douane entre les deux pays voisins, le président américain a menacé d'interdire purement et simplement au groupe canadien Bombardier de vendre ses avions d'affaires aux États-Unis. À moins que le constructeur ne produise sur le sol américain. Ce que le groupe, techniquement... fait déjà.
Comme à son habitude, Donald Trump a réagi sur son réseau social Truth Social : "PLUS AUCUNE VENTE DE BOMBARDIER AUX ÉTATS-UNIS ! Leurs produits ne sont pas à la hauteur !". Pour le président américain si Bombardier veut venir vendre ses produits sur le sol américain "il doit produire ici et cesser de traiter l'Amérique comme une tirelire".
Après la publication de Donald Trump, l'action du groupe avait chuté de près de 4 %.
Un chiffre d'affaires largement dépendant des États-Unis
Donald Trump ne se trompe toutefois pas sur un point : "Plus de 50 % de leurs revenus proviennent des États-Unis", affirme-t-il dans son message. Dans les faits, Bombardier est effectivement très présent sur le marché américain.

Le groupe emploie 3 500 personnes aux États-Unis et travaille avec plus de 2 800 fournisseurs. Il dispose également de plusieurs usines dans tous les pays. Bombardier doit par ailleurs ouvrir son sixième centre de production aux États-Unis, au Texas, où seront fabriquées les ailes de son avion phare, le Global 8000, rapporte notamment Reuters.
Le constructeur est aussi implanté dans plusieurs États républicains. Selon l'Associated Press, deux sénateurs républicains ont ainsi contacté la Maison-Blanche pour faire part de leurs inquiétudes face aux menaces visant Bombardier et à leurs conséquences potentielles pour les travailleurs du Kansas.
De plus, l'entreprise dépense chaque année plus de 2,5 milliards de dollars auprès de fournisseurs américains. Une activité loin d'être négligeable pour l'économie américaine.
Pourquoi Donald Trump s'attaque-t-il à Bombardier ?
Pour le média québécois Le Devoir, ces attaques sont particulièrement révélatrices de la stratégie de Donald Trump. Car dans le contexte de guerre commerciale, les deux pays cherchent à identifier les cibles qui pourraient produire le plus fort impact, économiquement et politiquement.
S'attaquer à Bombardier, donc, entreprise emblématique du Québec, pourrait ainsi créer "une sorte de rupture" dans une relation déjà particulièrement tendue entre le Québec, le Canada et les États-Unis. Les États-Unis tentent donc de provoquer une véritable déstabilisation interne entre le Québec et le Canada, dont les liens sont déjà particulièrement fragiles.
"L'industrie de l'aérospatiale américaine est clairement gagnante en matière de commerce et d'exportations"
Ce n'est par ailleurs pas la première fois que Donald Trump s'en prend au constructeur canadien. Lors de son premier mandat, son administration avait déjà menacé d'imposer des droits de douane de 300 % sur certains appareils de Bombardier, après une plainte de Boeing accusant le groupe de concurrence déloyale. Toutefois jamais encore Donald Trump n'avait menacé d'interdire purement et simplement les ventes de Bombardier aux États-Unis.
Bombardier se défend
Le groupe canadien n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué, sans citer directement Donald Trump, Bombardier a défendu son rôle dans l'industrie aéronautique américaine et souligné les retombées économiques de sa présence.
"L'industrie de l'aérospatiale américaine est clairement gagnante en matière de commerce et d'exportations. Bombardier apporte une contribution majeure à ce secteur, en créant des dizaines de milliers d'emplois à travers les États-Unis. L'aérospatiale figure régulièrement parmi les principaux secteurs d'exportation des États-Unis et génère en permanence un excédent commercial", affirme le groupe.